Paola Quilici

Les œuvres textiles de Paola Quilici évoquent la peau, la mue et la mémoire du corps.

Publié le 1 juillet 2026

Née en 1992, Paola Niuska Quilici est une artiste et poète française, d’origine polonaise et vénézuélienne. Peinture, sculpture, poésie, numérique, dans chaque médium, elle fait de l’œuvre l’incarnation d’un savoir qui échappe au langage. Titres, recettes et formules s’y prolongent en jeux de mots, pour faire apparaître d’autres signes.

Ses procédés obéissent à une double logique, celle du lâcher-prise et de l’identification symbolique. Elle compose des conditions, puis laisse advenir, un peu à la manière d’une pratique divinatoire. Cette part de hasard l’intéresse pour ce qu’elle révèle ; des formes et des images qui semblent parler à tout le monde, au-delà des mots et des cultures. Le corps et le toucher y tiennent une place centrale : l’expérience se joue moins dans la tête que dans le sensible. Sur ses toiles teintes, par exemple, le tissu évoque tour à tour la peau, une membrane, un linceul, convoquant à la fois la mue, le sommeil et la mort. Cette matière n’est jamais totalement maîtrisée, elle réagit, se transforme, échappe en partie à l’artiste elle-même. L’écriture, enfin, n’est jamais loin, elle infuse jusque dans le choix de ses titres, comme une autre manière de faire apparaître du sens.

Œuvre candidate : Vraiment ouvrir I

Vraiment ouvrir I, 2025, Pigments sur toile de coton tendue sur bois, 170x20x3cm

Il s’agit d’une pièce d’une série de teintures sur chutes de toiles de coton tendues sur bois, qui prend pour seul sujet la fente, l’ouverture, la plaie, la faille. Seul le traitement pictural permet d’interroger la nature de ce trou : ce qu’il y a au-delà, ce qui en filtre. La série se prolonge avec Vraiment passer, où le motif s’agrandit jusqu’à devenir un passage.