Hatice Pinarbasi

Hatice Pinarbasi nous propose un discours sur lidentité, notre rapport au vivant, aux mots et à la musique à travers une installation picturale.

Publié le 1 juillet 2026

Hatice Pinarbasi peint à l’huile, mais aussi avec du maquillage, du café ou des eaux ferrugineuses. Plutôt que des gestes académiques, elle brûle, ponce, griffe, découpe ou coud sa toile. Lettres, chiffres et couleurs se transforment sous son pinceau en corps, en paysages, en animaux. Sa peinture déborde même du cadre, comme si le châssis devenait lui-même un corps vivant.

Son travail puise dans son histoire : elle a grandi dans une famille kurde alévie et nomade, où la nature, le chant et la danse tenaient une grande place. Ses toiles parlent d’identité, de notre rapport au vivant, aux mots et à la musique.

Lauréate du prix Roger Bataille (2020) et du Prix des Amis des Beaux-Arts de Paris (2021), elle a exposé notamment au Frac Île-de-France, au CRAC Alsace et au Crédac à Ivry.

Œuvre candidate : Champs brulés, chants voilées

Champs brulés, chants voilées, 2022, Peinture à l’huile, maquillage, crayon sur draps brulés et tissus avec imprimé Gucci, 110x45cm

De longs voiles suspendus dessinent des corps drapés, presque enflammés, d’où émergent des visages tendus comme un chœur silencieux qui nous regarde. Le voile protège autant qu’il cache, et rappelle ici l’histoire du corps des femmes. L’artiste y fait entendre les voix de son enfance kurde et alévie, pour inventer une langue nouvelle, faite de musique et de symboles.