Ce que l’exposition TV PEOPLE dit de notre rapport aux écrans
Dans cette interview, Thomas Lemire revient sur les intentions et les thématiques de l’exposition TV People.
Publié le 7 mai 2026
Plongez dans l’univers de l’exposition TV People à travers les mots de son commissaire, Thomas Lemire. Dans cette interview, il revient sur les thèmes qui traversent l’exposition, les œuvres présentées et les imaginaires qui nourrissent ce projet. Une conversation pour découvrir autrement l’exposition et ses multiples lectures.
Bonjour, je suis Thomas Lemire, je suis le commissaire de l’exposition TV People ici à la galerie municipale Jean Collet de Vitry-sur-Seine. Cette exposition, elle a pour titre une citation d’un film d’horreur Poltergeist de Tob Hooper. C’est une citation qui provient du personnage Carol Anne, qui est une petite fille qui va communiquer avec des spectres à travers l’écran de télévision. C’est également aussi un commentaire à la télévision, notamment de politiques ou de membres du gouvernement qui qualifié les enfants du peuple des écrans. Pour cette exposition, j’avais l’envie d’inviter neuf artistes pour rejouer un sentiment que j’ai pu expérimenter étant enfant. Il s’agissait de fuir le trauma trans générationnel et l’intérieur de ma maison par le jeu vidéo, notamment le jeu vidéo d’horreur sur ma Xbox.
L’exposition, elle va rassembler différents médiums aussi proposés par les artistes. On passe de la sculpture à la peinture, mais également à des médiums moins traditionnels comme effectivement l’installation immersive. Tout un ensemble de pièces qui vous permettent vous en tant que spectateur d’interagir directement, de voir ce qui est caché derrière en filigranes et d’explorer l’exposition presque comme un personnage de jeu vidéo finalement. Au regard de mon attention curatoriale, je pense que cette exposition pose deux questions majeures qui seraient d’abord notre rapport aujourd’hui aux écrans et aux images contemporaines. En particulier par le prisme et le point de vue d’une génération post-Internet, mais également la question de la domesticité comme antisse, comme espace où a lieu également des formes de domination insidieuse, des rapports d’assignation et la question effectivement du trauma qu’il soit individuel ou trans générationnel.
Je pense que cette exposition aujourd’hui, elle est importante puisqu’on est aujourd’hui dans des sociétés qui sont peuplées d’images pour même dire saturé, sur nos rétines circulent une quantité infinie de propositions culturelles, de publicité et d’images. Et qu’aujourd’hui, on a tendance parfois à ne pas prendre de recul vis-à-vis d’elles, ne pas interroger les scripts normatifs qui s’y cachent et également on tombe aussi parfois dans un autre piège qui est celui de les diaboliser entièrement et de ne pas voir aussi à quels endroits elles peuvent être des objets facilitant l’émancipation et un autre regard sur autrui et ce qu’il y a autour de nous. Pour cette exposition, toute une programmation culturelle a été pensée avec l’équipe et les artistes et cette exposition sera disponible du 17 avril jusqu’au 28 juin 2026 et j’aurai le plaisir également de vous faire des visites commissaire tout au long de l’exposition.




