Margaux Duseigneur

La toile de Margaux Duseigneur prend forme à partir de papiers artisanaux assemblés puis recouverts de bois travaillé par le temps. Le bois provient de sa grange et de son jardin, déjà marqué par les vers et la pluie

Publié le 1 juillet 2026

Installée à Uzerche, en Corrèze, Margaux Duseigneur peint, dessine et travaille la céramique au sein de La Calade, un collectif d’artistes et d’artisan·es. Sa peinture avance par étapes, presque comme une construction.

Tout part du papier : des feuilles artisanales en coton, chanvre ou laine, fabriquées par Jean-Pierre Gouy, qu’elle choisit pour leur couleur et leurs imperfections. Elle les assemble et les colle entre eux c’est le point de départ du format et de la composition. Viennent ensuite les premières lignes, souvent différentes de ce qu’elle imaginait, puis la couleur, posée puis recouverte, sans jamais tout à fait disparaître. Si besoin, une bande de papier vient agrandir la toile pour prolonger un trait. Plus récemment, le bois s’est ajouté à cette construction : des morceaux issus de sa grange ou de son jardin, déjà marqués par les vers et la pluie, qui font sortir la peinture du mur et lui donnent une place dans l’espace. Pour elle, une œuvre naît de cette accumulation : les choix, les hasards, les retours en arrière comptent autant que l’intention de départ. Sa pratique reste ainsi vivante et collaborative, portée par l’idée d’une force collective.

Œuvre candidate : Lombric 02

Lombric 02, Peinture à l’huile et craie grasse, Papier artisanal, coton, chanvre et pigment bleu, 99x65cm.

Tout part d’une fenêtre peinte sur papier bleu, redécoupée et recouverte quelques mois plus tard. À côté, une autre peinture en cours lui souffle la forme d’un lombric — une tête, un œil, une bouche, un corps qui s’étire. La fenêtre est toujours là, devant et derrière ; le toit, en bois, est lui aussi traversé par les vers.