Sosthène Baran
Sosthène Baran laisse remonter à la surface ce que la matière porte déjà en elle
Publié le 22 septembre 2026

les tableaux de Sosthène Baran ne donnent pas de réponses toutes faites. Ils proposent plutôt un moment de pause, où l'on est invité à se poser des questions plutôt qu'à en obtenir des certitudes
Sosthène Baran ne commence jamais un tableau sur une surface neuve. Né en 1990 à Blois, aujourd’hui basé à Paris (POUSH) et diplômé en 2020 de l’École supérieure d’arts & médias de Caen/Cherbourg, l’artiste travaille toujours à partir de matériaux qui portent déjà une histoire. Du bois récupéré, des objets trouvés au hasard d’une balade, ou même ses anciennes toiles qu’il retaille et réutilise. Pour lui, créer, c’est composer avec ce qui existe déjà, pas inventer à partir du vide.
Sa méthode de travail suit la même logique. Plutôt que de savoir à l’avance ce qu’il va peindre, l’artiste observe d’abord les défauts et les particularités de son support, puis superpose plusieurs couches de peinture diluée qu’il vient ensuite gratter par endroits. C’est cette accumulation de gestes qui fait progressivement apparaître une image, un peu comme une forme qui se révèle petit à petit, sans être totalement planifiée.
Cette manière de faire pose une question qui traverse tout son travail, le hasard existe-t-il vraiment, ou est-il toujours orienté par quelque chose en nous ; un souvenir, une sensibilité, une intuition ? À travers ses tableaux, l’artiste ne cherche pas à répondre clairement à cette question, mais à créer un espace où chacun peut reconnaître ses propres souvenirs ou ses propres croyances.
Concrètement, ses œuvres montrent des paysages calmes et un peu irréels, où la lumière et l’ombre jouent un rôle central. Dans ces paysages reviennent régulièrement des personnages connus, empruntés à la culture populaire ou aux récits religieux comme Pinocchio, ce pantin de bois qui rêve de devenir humain et qui interroge le mensonge et la vérité, le personnage de The Mask, dont le masque révèle une autre part de lui-même plutôt que de la cacher. Ces figures lui permettent de parler, à travers des images que tout le monde connaît, de sujets plus larges comme la croyance, l’identité ou la part cachée de chacun.
Le travail de l’artiste a été présenté au Radar Art Center (Bayeux), à la Galerie Panis (Rouen), à la Galerie C (Paris), au LE SHED Contemporary Art Center, ainsi qu’à Art Paris, Art Brussels et au Centre Wallonie-Bruxelles. Il a également bénéficié de résidences à la Cité internationale des arts et à la Villa Belleville, à Paris.
- Take shelter, 2026. Huile sur bois et pièce bois peinte. 39 X 32 cm.
- Popio 3, 2026. Pigment et huile sur bois. 38 x 29 cm.
- Vue 6, 2026. Acrylique et huile sur bois. 23 x 16 cm.
- Oiseau, 2025. Corne sculptée. 19 x 15 cm. Collection privée








